Statistiques et probabilités

Il ne faut jamais faire que les sottises qui nous plaisent.

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Statistiques : vocabulaire

Vocabulaire de base

Définitions

Lorsque l’on réalise une enquête, on est amené à étudier des caractères propres à chaque individu. L’ensemble des individus est appelé la population.

Le caractère peut être qualitatif (la couleur des cheveux, les sports pratiqués, le type de film préféré) ou quantitatif (la taille, l’âge, le temps passé devant la télévision).

L’ensemble des données collectées s’appelle une série statistique. Avant traitement, elle est appelée série brute.

Effectifs

Le nombre total d’individus de la population est appelé effectif total de la série. Le nombre d’individus qui possèdent un même caractère est appelé effectif du caractère.

Fréquences

La fréquence d’une valeur est le quotient : effectif de la valeureffectif totaleffectif de la valeur/effectif total Elle peut être exprimée sous forme décimale (exacte ou approchée) ou fractionnaire. C’est un nombre compris entre 0 et 1.

La fréquence en pourcentage est l’écriture de la fréquence sous forme de pourcentage : effectif de la valeureffectif totaleffectif de la valeur/effectif total × 100

Représenter et lire des données

Définitions

Un tableau permet de regrouper et d’organiser des données, de lire et d’interpréter facilement des informations.

Si on étudie un caractère quantitatif, on peut regrouper les données par classes pour limiter la taille du tableau. On détermine alors les effectifs de chaque classe.

Exercice témoin (d’après le Brevet Pondichéry 2007)

Voici les résultats au lancer de javelot lors d’un championnat d’athlétisme. Les longueurs sont exprimées en mètres :

36 42 37 43 38 44 32 40 44 36 46 39 40 40 41 41 45 37 43 43 46 39 44 47 48

1. Compléter le tableau suivant.

Longueur \(\ell\) du lancer (en mètres) \(30 \leq \ell < 35\) \(35 \leq \ell < 40\) \(40 \leq \ell < 45\) \(45 \leq \ell < 50\) Total
Nombre de sportifs          
Fréquence          
Fréquence en pourcentage          

2. Quel est le pourcentage de sportifs ayant lancé au moins à 40 mètres ?

Correction.

Longueur \(\ell\) (m) \(30 \leq \ell < 35\) \(35 \leq \ell < 40\) \(40 \leq \ell < 45\) \(45 \leq \ell < 50\) Total
Nombre de sportifs 1 6 12 6 25
Fréquence 0,04 0,24 0,48 0,24 1
Fréquence en % 4 % 24 % 48 % 24 % 100 %

Il suffit d’additionner les pourcentages des deux dernières classes :

48 + 24 = 72

Le pourcentage de sportifs ayant lancé au moins à 40 mètres est 72 %.

Représentations

Dans un diagramme circulaire (ou semi-circulaire), les mesures des angles au centre sont proportionnelles aux quantités représentées. Dans un diagramme en barres (ou en bâtons), les hauteurs des bâtons sont proportionnelles aux quantités représentées.

Pour représenter une situation, il existe plusieurs types de représentations :

  • le graphique, qui montre les évolutions ;

  • le diagramme circulaire, qui montre les proportions ;

  • le diagramme en barres (ou en bâtons), qui montre les répartitions ;

  • l’histogramme, pour les séries regroupées en classes.

Représente les données du lancer de javelot sous la forme d’un histogramme.

Correction.

image

Moyenne d’une série statistique

Si x_1, x_2, …, x_p représentent les valeurs du caractère de la série et M la moyenne, on a alors : M = x_1 + x_2 + … + x_ppx_1 + x_2 + … + x_p/p

Si les données sont regroupées par classe, on choisit une valeur de l’intervalle pour effectuer le calcul de la moyenne. Classiquement, on prend la valeur centrale de la classe.

En utilisant les valeurs centrales des classes (32,5 ; 37,5 ; 42,5 ; 47,5), calculer la longueur moyenne d’un lancer.

Correction. La longueur moyenne (estimée) du lancer est :

M = 1 × 32,5 + 6 × 37,5 + 12 × 42,5 + 6 × 47,5251 × 32,5 + 6 × 37,5 + 12 × 42,5 + 6 × 47,5/25

M = 1 052,5251 052,5/25 = 42,1 m

Médiane

La médiane m d’une série dont les valeurs sont ordonnées est la plus petite valeur telle qu’il y ait au moins la moitié de l’effectif inférieur à cette valeur.

Étendue

L’étendue d’une série est la différence entre la plus grande et la plus petite des valeurs prises par cette série.

À partir des 25 lancers de javelot : quel est le lancer médian ? Quelle est l’étendue ?

Correction. Il y a 25 lancers, donc la médiane est la 13e valeur lorsque les données sont rangées par ordre croissant.

32, 36, 36, 37, 37, 38, 39, 39, 40, 40, 40, 41, 41, 42, 43, 43, 43, 43, 44, 44, 44, 45, 46, 46, 47, 48

La 13e valeur est 41 : le lancer médian est 41 m. L’étendue est :

48 − 32 = 16 m

Probabilités

Avant-propos

Les probabilités sont une branche des mathématiques qui s’intéresse à quantifier l’incertitude liée à des événements futurs. Elles nous permettent d’évaluer la chance qu’un événement particulier se produise.

Les statistiques décrivent des données existantes et identifient des tendances ; les probabilités modélisent le hasard. En les combinant, on peut décrire des données, prédire des événements futurs et prendre des décisions en tenant compte de l’incertitude.

Expérience aléatoire

Une expérience aléatoire est une expérience qu’on peut répéter, dont le résultat ne peut être prédit avec certitude avant sa réalisation, même si l’ensemble des résultats possibles est connu.

Par exemple : lancer un dé, tirer une carte dans un jeu de 52 cartes, lancer une pièce.

Issues d’une expérience aléatoire

Une issue est tout résultat possible d’une expérience aléatoire. C’est le résultat concret que l’on obtient lorsqu’on réalise une fois l’expérience.

  • Lancer un dé à six faces : les issues possibles sont 1, 2, 3, 4, 5 ou 6.

  • Tirer une carte dans un jeu de 52 cartes : chaque carte est une issue différente.

  • Lancer une pièce : les issues possibles sont pile ou face.

Événement d’une expérience aléatoire

Un événement d’une expérience aléatoire est un regroupement de plusieurs issues qui nous intéresse particulièrement.

  • Dé : l’événement « obtenir un nombre pair » est composé de 3 issues (2, 4 et 6).

  • Cartes : l’événement « obtenir un roi » est composé de 4 issues.

  • Pièce : l’événement « obtenir pile » est composé d’une seule issue.

Un événement qui ne contient qu’une seule issue est appelé événement élémentaire.

Probabilité d’un événement

La probabilité d’un événement est une mesure numérique qui exprime la chance que cet événement se produise. Elle est comprise entre 0 et 1 :

  • 0 : l’événement est impossible (il ne se produira jamais) ;

  • 1 : l’événement est certain (il se produira à coup sûr) ;

  • entre 0 et 1 : l’événement est incertain, et la valeur indique sa vraisemblance.

Équiprobabilité

L’équiprobabilité décrit une situation où toutes les issues d’une expérience aléatoire ont exactement la même chance de se produire.

On ne s’intéressera cette année qu’aux expériences aléatoires en situation d’équiprobabilité.

En cas d’équiprobabilité, la probabilité d’un événement est égale au quotient du nombre d’issues favorables par le nombre d’issues total : P(événement) = nombre d'issues favorablesnombre d'issues totalnombre d'issues favorables/nombre d'issues total

Avec un dé à six faces, chaque issue a une chance sur 6 de se réaliser :

p(5) = 161/6

La probabilité d’obtenir un nombre pair est :

363/6 = 121/2 = 0,5

Avec un jeu de 52 cartes, la probabilité de tirer un roi est :

4524/52 = 1131/13 ≈ 0,08

Exercices témoins

Arbre de probabilité

Une urne contient deux boules vertes, cinq boules grises et une boule bordeaux, indiscernables au toucher. On tire successivement, et sans remise, deux boules.

  1. Schématise l’arbre des probabilités.

  2. Quelle est la probabilité de tirer une boule verte au premier tirage ?

  3. Quelle est la probabilité de tirer une boule bordeaux au deuxième tirage ?

Correction.

image

Il y a deux boules vertes sur un total de 8 boules. La probabilité de tirer une boule verte au premier tirage est :

282/8 = 141/4 = 0,25

Probabilité de tirer une boule bordeaux au deuxième tirage :

282/8 × 171/7 + 585/8 × 171/7 = 2562/56 + 5565/56

= 7567/56 = 181/8 = 0,125 = 12,5 %

Probabilités et tableau à double entrée

Un collège propose deux activités aux élèves de 3e : canoë ou randonnée. On interroge un échantillon de 80 élèves, en distinguant filles et garçons.

Canoë Randonnée Total
Filles 18 22 ?
Garçons 28 ? 40
Total ? ? 80
  1. Compléter le tableau.

  2. On choisit un élève au hasard parmi les 80. Probabilité que ce soit une fille ? qu’il ait choisi le canoë ? que ce soit un garçon ayant choisi la randonnée ?

  3. On choisit un élève parmi ceux qui ont choisi le canoë. Probabilité que ce soit une fille ?

Correction. L’effectif total est 80 élèves, dont 40 garçons, donc 80 − 40 = 40 filles. Parmi les 40 garçons, 40 − 28 = 12 ont choisi la randonnée. Le nombre d’élèves ayant choisi le canoë est 18 + 28 = 46, la randonnée 22 + 12 = 34.

Canoë Randonnée Total
Filles 18 22 40
Garçons 28 12 40
Total 46 34 80

2. a. Être une fille :

408040/80 = 121/2 = 0,5

b. Avoir choisi le canoë :

468046/80 = 234023/40 = 0,575

c. Être un garçon ayant choisi la randonnée :

128012/80 = 3203/20 = 0,15

3. Sur les 46 élèves ayant choisi le canoë, 18 sont des filles :

184618/46 = 9239/23 ≈ 0,39

Officiel

Au cycle 4, un travail sur le hasard est engagé. Il vise à repérer les représentations initiales que les élèves s'en font, à les dépasser dans une perspective rationnelle pour aboutir à la notion de probabilité qui quantifie l'attente d'un événement dont la réalisation est considérée comme dépendante du hasard.

Attendus de fin de cycle 4

  • Lire, interpréter et construire quelques représentations de données : tableaux, diagrammes (diagrammes en bâtons, circulaires, histogrammes).
  • Interpréter les données d'une série statistique à l’aide de paramètres : moyenne, étendue, médiane.
  • Calculer la fréquence d’un événement dans une situation simple.
  • Utiliser la notion de probabilité dans des contextes familiers ou expérimentaux.

Compétences mathématiques mobilisées

  • Organiser et traiter des données : lecture, construction, interprétation de représentations graphiques.
  • Raisonner à partir de données : tirer une conclusion, anticiper un résultat, vérifier une conjecture.
  • Communiquer : utiliser un vocabulaire précis (fréquence, médiane, probabilité, événement, etc.).

Statistiques

  • Recueillir des données, les organiser.
  • Lire des données sous forme brute, en tableaux ou graphiques.
  • Calculer des effectifs, des fréquences.
  • Utiliser les représentations graphiques usuelles : diagrammes en bâtons, circulaires, histogrammes.
  • Calculer et interpréter des caractéristiques de position et de dispersion : moyenne, médiane, étendue.

Progressivité des apprentissages

Dès le début du cycle 4, des questions relatives au hasard sont abordées à partir de situations de la vie courante (jeux, achats, médias…). La perception naturelle du hasard peut être qualifiée par des adjectifs : peu probable, probable, certain, etc.

Ces activités permettent d’introduire peu à peu les notions de probabilité, de les ordonner et de les quantifier sur une échelle de 0 à 1. L’interprétation fréquentiste permet de dépasser le modèle équiprobable dès la 4e.

Le lien entre expérience aléatoire et probabilité est construit progressivement. L’approche utilisée privilégie les expériences concrètes (tirage dans une urne, lancers de dés, etc.). Elle débouche sur l’interprétation fréquentiste, avec des comparaisons de fréquences obtenues expérimentalement. Ce lien est renforcé par le recours à des outils tels que le tableur ou la programmation.

Remarques didactiques

La prise en compte des conceptions initiales des élèves sur le hasard est importante. L'effet mémoire dans les jeux de pile ou face, les idées fausses comme « il n’est pas tombé depuis longtemps » sont fréquentes. Il est donc utile de créer du conflit cognitif à partir de jeux, simulations, situations ludiques.

Le recours à l’équiprobabilité permet une première approche du calcul de probabilité par dénombrement. Mais il est important de ne pas s’y limiter. L’étude de cas non équiprobables (urnes déséquilibrées, biais, etc.) permet d’approfondir la notion.

Les probabilités permettent également de travailler les grandeurs (longueur, aire, volume) dans le cadre de tirages aléatoires sur des supports géométriques.

Différenciation pédagogique

  • Proposer des activités à plusieurs niveaux d’entrée (du simple tirage au tableur automatisé).
  • Favoriser la manipulation ou la simulation pour les élèves en difficulté.
  • Utiliser les outils numériques pour aider à généraliser (programmation de simulations, histogrammes dynamiques).
  • Permettre la verbalisation par les élèves pour travailler le lexique spécifique (événement, probabilité, fréquence, etc.).

Lien avec le socle commun

Les activités autour des statistiques et probabilités permettent de mobiliser :

  • Le domaine 1 : s’exprimer oralement, à l’écrit, utiliser un langage mathématique.
  • Le domaine 2 : travailler de manière autonome, coopérer, utiliser des outils numériques.
  • Le domaine 3 : raisonner avec rigueur, s’informer, faire preuve d’esprit critique.
  • Le domaine 4 : modéliser une situation, simuler un phénomène, interpréter un résultat.

Interdisciplinarité

  • Sciences (modélisation aléatoire, génétique, expérimentation).
  • Technologie (capteurs, objets programmables, données expérimentales).
  • Géographie (cartes de risques, données démographiques, probabilités de catastrophes naturelles).

Ressources officielles

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Référence au programme : Programme de mathématiques du cycle 4 (arrêté du 9 novembre 2015 modifié), encore en vigueur en classe de troisième ; le nouveau programme (arrêté du 18 février 2026) s'y appliquera à la rentrée 2028. Domaine : Organisation et gestion de données.

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