Évaluations diagnostiques de mathématiques

Qui exige ou menace, perd tout droit à la courtoisie.

Joseph Kessel ( Nouveau design ! )

Illustration mathématiques
🧭 Une évaluation diagnostique ne se note pas : elle sert à repérer les appuis et les fragilités, pas à classer. Chaque document porte en tête un tableau de compétences aux quatre niveaux du LSU, une ligne par exercice, reportable tel quel dans le livret.
La colonne « Pour la suite » donne, selon la compétence, l'entraînement à proposer à l'élève — ⚡ la question flash correspondante, dont le code figure aussi sur le papier, à saisir dans « 🔑 J'ai un code » — ou 👩‍🏫 la lecture qui aide à interpréter ce que l'exercice a révélé. Toutes les fragilités ne se rattrapent pas par un entraînement : certaines demandent d'abord de comprendre le raisonnement qui a produit l'erreur.
📖 À lire aussi, sur la conduite d'un diagnostic de rentrée : Évaluation diagnostique en 5e : que vérifier à la rentrée 2026 ?

📗 Évaluation diagnostique de début d'année (6ème)

Sept exercices, 55 min, non noté — les attendus de fin de CM2 : numération, décimaux, opérations posées, fractions, mesures, géométrie, problème  ·  Code : EV600001

Ex.Compétence évaluéePour la suite
1 Connaître la valeur des chiffres d'un nombre ⚡ QFCN  ·  ⚡ QFDN
2 Comparer, ranger et placer des nombres décimaux ⚡ QFRD  ·  ⚡ QFED
3 Poser et effectuer les opérations ⚡ QFME  ·  ⚡ QFDE
4 Lire, placer et utiliser une fraction simple ⚡ QFCF  ·  ⚡ QFGF
5 Calculer un périmètre, une aire, convertir ⚡ QFAP  ·  ⚡ QFLC
6 Reconnaître et construire des figures usuelles ⚡ QFGE  ·  ⚡ QFPL
7 Résoudre un problème à plusieurs étapes → Les problèmes du jour
👩‍🏫 La clé de lecture des erreurs — ce que chaque réponse fausse signale

Ce n'est pas un corrigé. Une réponse fausse n'y est pas comptée, elle est lue : deux erreurs identiques en apparence peuvent venir de raisonnements très différents, et c'est ce qui décide de la reprise à proposer.

Exercice 1 — Connaître la valeur des chiffres d'un nombre

Nombre de centaines de 45 208 : « 2 »
Le « nombre de » est lu comme le « chiffre des ». La réponse attendue est 452. C'est la distinction la plus fragile de la numération de cycle 3 — et celle qui commande ensuite la division par 10, l'arrondi et les conversions.
8 043 écrit « huit cent quarante-trois »
Le zéro des centaines n'est pas lu comme une absence de centaines. Le nombre est reconstitué de mémoire à partir des chiffres vus, sans passer par les classes.
Question 1 juste, question 3 fausse (nombre de dixièmes de 12,35 : « 3 »)
La même confusion, mais seulement après la virgule. La partie décimale n'est pas encore un nombre : elle est lue chiffre à chiffre.
6,04 = 6 + 4/10
Le zéro intercalaire est ignoré : le 4 est placé au premier rang disponible, pas à son rang. Même racine que l'erreur précédente.

↳ « Chiffre des » et « nombre de » ne sont pas du vocabulaire à réviser : c'est la même idée que celle qui rend une conversion possible. Reprendre avec un tableau de numération dont on masque la partie droite, plutôt qu'avec des exercices en plus.

Exercice 2 — Comparer, ranger et placer des nombres décimaux

7,9 < 7,12
La partie décimale est traitée comme un entier : 12 > 9. C'est la règle des entiers appliquée telle quelle, une généralisation cohérente, pas une inattention.
5,3 < 5,30 (au lieu de =)
Le zéro final est cru significatif. L'élève lit deux nombres entiers de part et d'autre de la virgule, pas un nombre unique. Le signe = est proposé : ne pas le choisir est un choix, pas un oubli.
Les comparaisons justes, mais le rangement faux (2,07 placé après 2,17)
La procédure tient sur deux nombres et lâche sur quatre. Elle n'est pas automatisée : elle coûte encore de la mémoire de travail.
1,25 placé sur une graduation, pas entre deux
La demi-droite est vue comme une suite de cases numérotées, pas comme un support continu. L'élève n'envisage pas qu'il existe un nombre entre 1,2 et 1,3.

↳ Ranger et placer ne disent pas la même chose. Un élève qui range juste et place faux n'a pas un problème de comparaison : la droite graduée n'est pas encore, pour lui, un support des nombres. Faire lire des positions avant d'en faire placer.

Exercice 3 — Poser et effectuer les opérations

3 605 × 24 : le deuxième produit partiel n'est pas décalé
La technique est mémorisée geste par geste, sans appui sur la valeur des chiffres : on multiplie par 2 et non par 20. C'est la seule erreur de cet exercice qui se rattrape par de la répétition.
12,4 + 8,75 posé en alignant les chiffres à droite
Les virgules ne sont pas alignées : le décimal est traité comme deux entiers accolés. Même racine que les erreurs de l'exercice 2 — le repérer ici confirme que ce n'est pas un accident.
947 ÷ 8 = 118,375
La division euclidienne est confondue avec la division décimale : l'élève poursuit après la virgule alors qu'on demandait un quotient et un reste. La technique est là, c'est la question qui n'a pas été entendue.
Un reste supérieur au diviseur (par exemple 11)
Le critère d'arrêt n'est pas connu. L'élève ne dispose d'aucun moyen de vérifier seul son résultat.

↳ Trois opérations, trois causes distinctes. Ne pas globaliser en « ne sait pas calculer » : seule la première relève de l'entraînement.

Exercice 4 — Lire, placer et utiliser une fraction simple

3/5 pour le rectangle (3 parts coloriées, 5 blanches)
La fraction est lue comme un rapport entre la partie et le reste, pas entre la partie et le tout. Erreur très stable : elle résiste à la correction tant que le « tout » n'est pas nommé explicitement.
3/4 placé entre 3 et 4
Le trait de fraction n'est pas encore une division : les deux termes sont lus comme deux repères sur la droite.
5/2 laissé en blanc
Une fraction supérieure à 1 n'est pas envisagée. Au cycle 3, le numérateur est presque toujours plus petit que le dénominateur : l'élève applique une régularité observée, pas une règle apprise.
Question 3 juste (15 €), question 2 fausse
La procédure « diviser par 4 puis multiplier par 3 » fonctionne isolément, sans que la fraction ait de valeur. C'est la configuration la plus fréquente — et celle qui coince plus tard, dès qu'il faut comparer ou additionner des fractions.

↳ Prendre une fraction d'une quantité et placer une fraction sur une droite ne mobilisent pas la même chose. La réussite de la première sans la seconde n'est pas une demi-maîtrise : c'est un signal précis, à traiter avant les fractions de 6ème.

Exercice 5 — Calculer un périmètre, une aire, convertir

Périmètre 40, aire 26
Les deux formules sont échangées. Ce n'est pas une confusion de mots : le contour et la surface ne sont pas distingués comme deux grandeurs différentes.
Aire donnée en cm et non en cm²
La grandeur est calculée mais pas identifiée. À distinguer nettement d'une erreur de calcul : ici le résultat est juste.
3,5 m = 35 cm
Décalage d'un rang. Le tableau de conversion est récité de mémoire, sans appui sur les relations entre unités.
1 250 g = 12,50 kg
La virgule est déplacée sans contrôle du sens : le résultat devrait être plus petit que 1 250, il est plus grand. L'ordre de grandeur n'est pas interrogé.

↳ Deux réflexes à installer avant tout calcul : dire de quelle grandeur on parle, et dire si le nombre attendu sera plus grand ou plus petit. Ils éliminent trois des quatre erreurs ci-dessus.

Exercice 6 — Reconnaître et construire des figures usuelles

Le triangle est recopié à l'identique de l'autre côté de l'axe
La symétrie est comprise comme un déplacement. C'est l'erreur majoritaire quand l'axe est vertical et la figure non symétrique : le retournement n'est pas perçu comme faisant partie de la transformation.
Le tracé est de la bonne forme mais les distances à l'axe ne sont pas conservées
Le comptage des carreaux n'est pas utilisé comme contrôle : la figure est placée à vue. La propriété est connue, l'outil de vérification ne l'est pas.
M placé de façon à fermer la figure, mais sans angle droit
L'élève ferme un quadrilatère au lieu de construire un rectangle. Les propriétés ne sont pas mobilisées : c'est l'allure de la figure qui décide.
Question 1 réussie, question 2 échouée (ou l'inverse)
Reproduire n'est pas construire. La première question demande un contrôle perceptif appuyé sur le quadrillage, la seconde l'usage d'une propriété.

↳ Sur quadrillage, le comptage des carreaux masque souvent l'absence de propriété. Reposer la question 2 sur une feuille blanche, aux instruments : la séparation entre les deux est immédiate.

Exercice 7 — Résoudre un problème à plusieurs étapes

« 31,25 sachets »
Le calcul est juste, la situation n'est pas interprétée. Le quotient décimal est donné là où le contexte impose un entier : l'élève répond à une opération, pas à une question.
250 ÷ 8 juste, puis 32 × 2,50
Le reste n'est pas lu comme « ce qui ne fait pas un sachet ». Le sachet incomplet est vendu quand même : le nombre a été arrondi par réflexe.
Seule la question 1 est traitée, la suite est laissée en blanc
La lecture s'arrête à la première donnée exploitable. Ce n'est pas un manque de technique : c'est l'enchaînement des étapes qui n'est pas engagé.
77,50 € trouvé, puis « non » sans justification
Le calcul est mené jusqu'au bout mais la comparaison avec 80 € n'est pas écrite. La question 3 demandait explicitement de justifier.

↳ Distinguer « sait diviser » de « sait quoi faire du reste ». C'est ici, et non à l'exercice 3, que la division euclidienne prend son sens — à croiser avec lui.

Croiser l'exercice 3 et l'exercice 7

Les deux exercices reposent sur la même division euclidienne : le premier demande de la poser, le second de s'en servir. Ce n'est pas une redite. Le tableau se lit en deux entrées.

Exercice 3Exercice 7Lecture
Ex. 3 réussi Ex. 7 réussi La technique est en place et l'élève sait ce que le reste représente. Rien à reprendre.
Ex. 3 réussi Ex. 7 échoué L'élève sait diviser mais ne sait pas quoi faire du reste. C'est la configuration la plus fréquente à l'entrée en 6ème : ce n'est pas la division qu'il faut reprendre, ce sont les problèmes.
Ex. 3 échoué Ex. 7 réussi Le raisonnement tient, la technique de calcul lâche. Le vérifier coûte deux minutes : reposer le même problème avec la calculatrice. Cela permet de continuer à travailler le sens pendant que la technique se consolide à côté.
Ex. 3 échoué Ex. 7 échoué Rien ne dit encore lequel bloque l'autre. Reposer la question 1 de l'exercice 7 avec des petits nombres (25 bonbons, 4 par sachet) : si elle passe, c'est le calcul ; sinon, c'est le sens de la division.

📘 Évaluation diagnostique de début d'année (5ème)

Six exercices, 45 min, non noté — décimaux, fractions, conversions, problème, graphique, analyse d'erreur  ·  Code : EV500001

Ex.Compétence évaluéePour la suite
1 Comparer et ranger des nombres décimaux ⚡ QFRD
2 Encadrer une fraction par deux entiers consécutifs ⚡ QFEF
3 Convertir des unités de longueur et de masse ⚡ QFLC  ·  ⚡ QFMC
4 Résoudre un problème à plusieurs étapes → Les problèmes du jour
5 Lire et interpréter un graphique → Leçon : gestion de données
6 Repérer une erreur et la justifier 👩‍🏫 L'erreur : faute à corriger ou information à exploiter ?
👩‍🏫 La clé de lecture des erreurs — ce que chaque réponse fausse signale

Ce n'est pas un corrigé. Une réponse fausse n'y est pas comptée, elle est lue : deux erreurs identiques en apparence peuvent venir de raisonnements très différents, et c'est ce qui décide de la reprise à proposer.

Exercice 1 — Comparer et ranger des nombres décimaux

3,15 > 3,7
La partie décimale est traitée comme un entier : 15 > 7, donc 3,15 gagne. C'est la règle des entiers appliquée telle quelle, « plus il y a de chiffres, plus c'est grand » — une généralisation cohérente, pas une inattention.
0,8 < 0,80 (au lieu de =)
Même racine : le zéro final est cru significatif. L'élève lit deux nombres entiers (8 et 80) de part et d'autre de la virgule, pas un nombre unique. Le signe = est proposé : ne pas le choisir est un choix, pas un oubli.
Les deux comparaisons justes, mais le rangement faux (5,09 placé après 5,19)
La procédure fonctionne sur deux nombres et lâche sur une série de quatre. Elle n'est pas automatisée : elle coûte encore de la mémoire de travail.

↳ Si la première erreur apparaît, inutile de multiplier les comparaisons : c'est le sens du décimal qu'il faut reprendre (droite graduée, fractions décimales, un même nombre écrit de plusieurs façons). L'entraînement ne vient qu'après.

Exercice 2 — Encadrer une fraction par deux entiers consécutifs

0 < 7/3 < 1
La fraction est crue toujours inférieure à 1. Généralisation abusive à partir des fractions de partage rencontrées au cycle 3, où le numérateur est toujours plus petit que le dénominateur.
7 < 7/3 < 8, ou 3 < 7/3 < 4
Un des deux termes est lu comme la valeur de la fraction. Le trait de fraction n'est pas encore compris comme une division.
Encadrement juste pour 9/4, faux pour 22/5
La division fonctionne tant que le quotient reste petit. C'est le calcul qui bloque, pas la notion.

↳ Faire placer les trois fractions sur une même droite graduée : l'encadrement se lit alors au lieu de se calculer, et les deux premières erreurs deviennent visibles pour l'élève lui-même.

Exercice 3 — Convertir des unités de longueur et de masse

2,5 m = 25 cm
Décalage d'un rang. Le tableau de conversion est récité de mémoire, sans appui sur les relations entre unités.
340 g = 3,40 kg
La virgule est déplacée sans contrôle du sens : le résultat devrait être plus petit que 340, il est plus grand. L'ordre de grandeur n'est pas interrogé.
Les deux conversions « vers le petit » réussies, les deux autres échouées
Le sens de la conversion n'est pas décidé avant de calculer. L'élève applique toujours la même opération.

↳ Avant tout calcul, faire dire si le nombre attendu sera plus grand ou plus petit. Ce seul réflexe élimine la deuxième et la troisième erreur.

Exercice 4 — Résoudre un problème à plusieurs étapes

Seule la question 1 est traitée, la suite est laissée en blanc
La lecture s'arrête à la première donnée exploitable. Ce n'est pas un manque de technique : c'est l'enchaînement des étapes qui n'est pas engagé.
4 × 25 × 18,50
Toutes les données sont combinées en un seul calcul, sans distinguer ce qu'on compte (des compas) de ce qu'on paie (des boîtes). Erreur de modélisation, pas de calcul — et le calcul lui-même est souvent juste.
74 € trouvé, puis « oui » sans justification
Le calcul est mené jusqu'au bout mais la conclusion n'est pas rédigée. La question 3 demandait explicitement de justifier.

↳ Distinguer « sait calculer » de « sait choisir le calcul ». Un élève qui réussit les exercices 1 à 3 et bloque ici n'a pas besoin de plus d'automatismes : il a besoin de problèmes.

Exercice 5 — Lire et interpréter un graphique

« 65 » ou « 75 » pour novembre
La valeur est estimée à vue plutôt que lue sur les graduations. La barre est perçue comme une image, pas comme un repérage.
Décembre et septembre intervertis à la question 2
Confusion entre « le moins » et « le plus », ou lecture de la barre la plus à gauche. À distinguer d'une erreur de lecture : ici c'est la question qui n'a pas été lue.
Les questions 1 et 2 justes, la 3 fausse ou vide
Lire une valeur est acquis, exploiter l'ensemble des données ne l'est pas. C'est la distinction la plus utile de cet exercice.

↳ Les deux premières questions relèvent du prélèvement, la troisième du traitement. Une réussite partielle situe précisément où s'arrête l'élève.

Exercice 6 — Repérer une erreur et la justifier

« C'est faux » sans localiser la ligne
L'élève sent que quelque chose ne va pas mais ne sait pas le dire. Le contrôle existe, le langage pour l'exprimer manque.
La ligne est bien repérée, mais l'explication consiste à redonner la bonne règle
L'élève sait comparer, il ne sait pas encore expliquer pourquoi l'autre procédure échoue. C'est un niveau d'argumentation, pas un manque de connaissance : c'est déjà une réussite partielle.
Le raisonnement de la copie est validé
L'erreur de l'exercice 1 n'était pas un accident : la règle fausse est stabilisée. C'est l'information la plus importante de la feuille.

↳ Cet exercice ne se rattrape pas par de l'entraînement. Ce qu'il produit est un indice sur les représentations, à croiser avec l'exercice 1.

Croiser l'exercice 1 et l'exercice 6

Les deux exercices portent sur la même comparaison. Ce n'est pas une redite : le premier demande de faire, le second de juger. Le tableau se lit en deux entrées.

Exercice 1Exercice 6Lecture
Ex. 1 réussi Ex. 6 réussi La règle est en place et l'élève sait dire pourquoi l'autre ne marche pas. Rien à reprendre.
Ex. 1 réussi Ex. 6 échoué L'élève applique correctement sans pouvoir justifier. La procédure tient, l'argumentation reste à construire — c'est un travail de langage, pas de calcul.
Ex. 1 échoué Ex. 6 réussi Le plus encourageant : l'élève reconnaît l'erreur quand elle lui est montrée, mais ne la contrôle pas encore quand il produit. Quelques réactivations suffisent souvent.
Ex. 1 échoué Ex. 6 échoué (la copie est validée) La règle fausse est stabilisée et cohérente pour l'élève. C'est le seul cas qui demande un retour au sens du nombre décimal, pas un entraînement.

🔄 Et après le diagnostic ?